dimanche 30 août 2009

Lumières.


La corrida est un art, un spectacle, un combat, voire les trois à la fois, tout dépend de sa sensibilité taurine. La corrida est ritualisée et donc codifiée, prétendre le contraire amènerait à une discussion très intéressante d’argumentations et de contre argumentations mais qu’il serait trop long d’aborder maintenant. La corrida est codifiée par l’homme qui a besoin de tout réglementé, ayant horreur du vide et de l’incertitude, afin d’édifier un ou des systèmes rationnels, organisés, normalisés.

Toutefois cela peut paraître irrationnel d’assister à un combat entre un homme et un toro, et dont l’acte ultime est de tuer l’animal affronté. Seuls ceux et celles refusant obstinément d’élever leurs réflexions, continuent de le prétendre et de le clamer haut et fort. Pourtant, la corrida n’est pas plus irrationnelle que l’est de vouloir mettre en avant l’anthropomorphisme, l’antispécisme, comme valeurs sociétales pour l’avenir de l’humanité. Ni de prétendre que manger de la viande c’est manger un cadavre, et que pour cela il faille se retourner vers une nourriture végétarienne en attendant peut être de devenir végétalien pour parfaire la démarche. Il est pourtant facile de constater que les végétaux vivent, et si l’on veut emprunter la même logique, le végétarisme est donc tout aussi irrespectueux de la vie.

La corrida de toros comporte une construction rituélique mais aussi philosophique, que l’on retrouve aussi dans la nature. Prétendre que la tauromachie est écologique et en adéquation avec son temps, il y a un pas que l’on peut franchir pour l’affirmer. Ecologique ne serait-ce par le simple fait de remarquer que l’élevage du toro de combat engendre le respect total de la nature, mais aussi la continuité de l’espèce. Pedro Cordoba, le démontre parfaitement dans son dernier ouvrage*. En adéquation avec son temps, aussi, si l’on prend pour référence l’intérêt des spectateurs qui semble plus important pour le paraître du torero que pour l’être du toro. Ceci est en parfaite harmonie avec notre société de télé-réalité, mais qui colle tout aussi parfaitement avec celle qui se dit plus proche de la nature. Puisque la aussi il s’agit du paraître, paraître respectueux de l’environnement, tout en roulant avec de vieux diesels, paraître humaniste et riche des différences, tout en désirant interdire des modes de vies qui ne ressemblent pas aux leurs.

Mais ce rapprochement évoqué de la corrida avec la nature, ne l’est pas sur le seul aspect d’une vision écologique de l’élevage des bovidés. L’on remarque qu’une partie de la codification du rituel taurin, est calquée sur des éléments que nous offre la nature. Au premier abord cela peut paraître étonnant, mais il n’y a qu’à observer, et s’arrêter sur un simple fait flagrant dans le toreo de mode actuellement. La charge du toro que le matador reçoit de loin (dans l’idéal), construisant sa faena de muleta en se serrant au plus prêt, par répétition des mêmes muletazos en donnant une distance de plus en plus petite. Ceci n’est pas sans faire songer à la géométrie fractale**.

Il est aussi à noter un autre sujet qui nous intéresse aficionados a los toros sensibles au rituel et au symbolisme, et que l’on retrouve dans ce domaine, il s’agit de la déambulation. Et afin de poursuivre sur la lancée qui semble faire l’intérêt de ce blog aux yeux de bon nombre de lecteurs et lectrices, continuons à prendre exemple sur la franc-maçonnerie notamment.

L’entrée des francs-maçons dans leurs temples et des protagonistes taurins dans une arène, sont toutes deux identiques. Chacun des acteurs entrent en avançant vers la présidence, qu’elle soit tauromachique ou bien maçonnique. Pénétrer ainsi a pour signification symbolique de monter vers la Lumière. Celle-ci symbolisée par les forces qui dirigent et éclairent la course, les travaux.
Nous retrouvons ensuite comme points communs la déambulation. Que ce soit dans un ruedo européen ou bien pour les francs-maçons, les déambulations s’effectuent dans le sens horaire, le sens dextrorsum. Non pas qu’il y ait une signification vis à vis du temps qui passe, car même si la franc-maçonnerie n’a pas de limites temporelles, la corrida de toros est ponctuée par les avis. Mais ce qu’il semble à voir dans le sens déambulatoire dextrorse, est plutôt l’action de faire tourner vers la droite le plan de polarisation de la lumière. Cette Lumière représentée par la présidence comme précédemment exprimé, voit ainsi poursuivre son rayonnement dans les pas des différents acteurs.

La lumière, qu’elle soit artificielle ou bien solaire, possède un lien avec la nature, puisqu’il s’agit d’un rayonnement de deux corps portés à une haute température. Et même si ce contact des corps est émis par l’homme ou bien par un système inventé par lui, l’échauffement est un phénomène naturel.
L’entrée des francs-maçons, des matadors, mais aussi leurs déambulations sur le sens de polarisation de la lumière, les font se positionner à la limite de la lumière-symbole et de la lumière métaphore. Cette limite étant de toute façon indécise, elle ne l’est que de façon plus grande dans cet exemple. Il faut voir dans la marche dextrogyre, le désir de cheminer au-delà de la lumière, donc au-delà de la mort, afin de trouver ce qu’il peut y avoir après, si toutefois il y a un après. Car l’attrait pour cette lumière qui nous éclaire, c’est la vie, le combat perpétuel qu’elle représente. Le combat pour les idées, pour les passions, pour s’enrichir intellectuellement, pour les êtres aimés, mais aussi un combat pour affronter le moment ultime, source de toutes nos angoisses.

Le temps n’étant pas de mise sur ces colonnes, nous pourrons revenir plus tard et de manière complémentaire à cette notion de lumière, en lui donnant une approche plus symbolique que métaphorique. Mais si une chose doit nous interpeller dès maintenant, c’est bien la relation entre la vie et la mort que représente cette entrée vers la lumière ainsi que la marche dextrogyre.

Pour ceux qui donnent un sens à leur vie en éveillant leur intellect par la recherche philosophique, comme pour ceux qui donnent un sens à leur vie en affrontant un toro ou bien en assistants à ce combat de l’homme et du toro, qui eux aussi éveillent leur intellect pour peu qu’ils ne soient simples spectateurs mais bien des aficionados, cette relation continue à la lumière n’est que le symbole de la vie et de la mort. Avancé sous l’éclairage pour aller vers ce qui nous paraît aujourd’hui être la pénombre, alors qu’il n’y a aucune réponse adogmatique, symbolise des valeurs alternantes et donc complémentaires de la relation entre la lumière et l’obscurité.

Lumière et obscurité qui sont symbolisées par le pavé mosaïque d’un temple maçonnique. Mais aussi lumière et obscurité, qui sont l’essence même de la lidia, qui se doit d’être éclairée par l’intelligence de l’homme pour se déjouer de la mort proposée par le toro…


A suivre …



*« La corrida, idées reçues », de Pedro Cordoba, éditions Le Cavalier Bleu, mars 2009. ISBN 978-2-84670-246-1.

**A ce sujet, un conseil de lecture « La spirale de l’escargot, contes mathématiques » de Harmand Herscovici, éditions Seuil, février 2000. ISBN 2-02-036773-4.Ce livre rassemble des contes mathématiques, qui font découvrir les secrets du monde grâce à l’univers des nombres. L’auteur nous fait voyager des rives du fleuve Jaune de Bagdad vers les anciens Chinois en passant par l’histoire de Thésée et du Minotaure, tout en abordant l’harmonie cachée dans la géométrie fractale, la magie des nombres dans la suite de Fibonacci et autres trigrammes.

dimanche 23 août 2009

Au vainqueur les pommes de terre ! *


La temporada tauromachique européenne entre dans sa dernière ligne droite, le mois de septembre arrive dans quelques jours, les temples taurins vont amoindrir leurs activités. Nous commençons à percevoir que dans ces temples, une nouvelle fois seules les figuras ont atteint le zénith, tandis que les plus humbles ont continué à tutoyer le nadir tout en attendant d’être appelés pour d’éventuels remplacements de dernières minutes.

Malgré se constat qu’une nouvelle fois ce sont les seuls matadors en tête de l’escalafon à qui il a été fait appel, il n’en demeure pas moins que le bilan tiré au deux tiers de la saison n’est pas des plus brillants. La faute à des toros sans saveurs, mais aussi à ces toreros que l’ont ne voit que devant ces mêmes toros. A quand leur refus de continuer à dévaloriser la fiesta, leur exigence à combattre des toros bravos et non plus des toros faire valoir ?

Mais ce constat ne doit pas être focalisé sur les seuls bichos et autres acteurs taurins présents dans les ruedos, dénaturer la corrida de toros, perdre ses fondamentaux, provient aussi des organisateurs. Passons sur les courbettes de diverses présidences vis à vis des toreros, qui bientôt vont sortir les mouchoirs de changement de tercios sur un simple rictus des piétons. Passons aussi sur ces gens présents en civils dans le callejon, et qui font pressions sur la présidence pour l’attribution des trophées, vueltas posthumes, ect… Passons sur tout cela que l’on voit presque partout, et arrêtons nous sur un exemple qui ne saute pas aux yeux mais qui en dit long sur l’état de notre passion.

La tauromachie, la corrida de toros, est ritualisée et donc codifiée, c’est entre autre ce qui l’a rend intéressante, attirante au delà du combat entre un homme et un toro mais aussi de la perception de la mort, dans une société ou tout doit être lissé, aseptisé. Lorsque l’on se trouve sur les tendidos, que l’on est attaché à tout ce qui fait la course de toro et donc à sa partie rituélique, l’on ne peut être que déçu de constater certains manquements aux principes de base. Pour preuve, ce qui a été constaté il y a quelques jours lors d’une feria française, celle de Béziers pour ne pas la nommer, où les alguaciles n’effectuaient même pas le rituel du despejo **. Bien entendu depuis que ceux qui n’ont rien à faire sur le sable des arènes se retrouvent sagement sur les gradins, ou bien invités au point de saturer un callejon, le geste initial des alguaciles en ouvrant le paseo ne paraît ne plus être d’intérêt. Pourtant il a toute sa place et son sens, et ne plus l’effectuer est une entame des fondamentaux taurins.

Un rite, ce n’est pas que du décorum placé ici ou là pour égayer la situation. Le rite, provenant du mot sanscrit « rita », signifiant « ordre », désigne donc le désir de ne pas sombrer dans le chaos, d’agir selon des règles communes afin de partager le sens profond de l’acte, le rite désigne aussi les moments forts et formalisés d’une cérémonie. D’interprétation multiple par ceux et celles qui l’accomplissent, le rite, et en particulier le rite taurin, est perçu comme un amusement ou bien sacralisé. En tauromachie, il est alors dommage de constater que le rite est généralement perçu, lorsqu’il est réellement perçu ce qui est loin d’être toujours le cas, comme un amusement, dans la continuité d’une tradition archaïque et non d’une tradition vivante. Ceci étant à l’image de notre société contemporaine.

Tout comme les rites maçonniques ou bien d’autres sociétés initiatiques, la modification du rite taurin n’apporte pas de changement sociétal, et ne se consacre qu’à la relation toute personnelle que l’on peut avoir par rapport au sacré. Mais modifier, ou carrément ne pas effectuer une partie du rite, peut avoir de néfastes répercutions. Ainsi amoindri par des attitudes, qui ressemble plus dans l’exemple cité à une méconnaissance de toute l’étendue du rôle de l’alguacil, la corrida de toros perd un peu plus chaque jour de sa substance, au point que seuls quelques aficionados passant pour des intégristes taurins, s’inquiètent de la dégénérescence de la corrida de toros bravos, dégénérescence ponctuée par de petites touches.

Car pointer l’absence du despejo n’est pas ici pour étaler une connaissance taurine toute relative, mais bien pour montrer que ces parties du rite taurin, même si elles représentent de menus détails, sont importantes et mises bout à bout, prennent de l’ampleur. Car vouloir accomplir l’acte taurin dans son intégralité, l’observer scrupuleusement, c’est aussi garder le contact avec les entités auprès desquelles l’initié recherche une tutelle bienveillante et une puissance agissante. C’est donc garder le contact avec ces illustres, mais aussi ces humbles matadors, qui ont permis grâce à leurs vergüenza, leur pundonor, de donner ses lettres de noblesses à la corrida. Car depuis les prémices de notre passion, ils respectaient les rites, sacralisaient ainsi leurs actes, ordonnaient ce qui aurait pu rapidement n’être que chaos au point d’amener le fait de combattre un toro vers un art.

Hors, on le constate avec cet exemple de disparition du despejo, que le rite en lui-même est bafoué, au point de faire chanceler la corrida et avec elle l’esprit même qui fait la tauromachie. Si l’on continue a édulcorer de la sorte la moindre partie de notre passion, la tauromachie ne pourra se remettre de la situation qu’elle connaît actuellement. Car d’une manière détournée, larvée, les contempteurs de l’art de Cuchares avancent avec les mêmes objectifs des tribus sud-américaines. Pour eux, l’objectif est aussi de dénaturer, d'alléger l’art de Cuchares et ainsi perdre ce qui est le socle de l’art de torear. Et ne pas tenir compte des tout ce qui fait la corrida de toros, mettre en avant des toros faire valoir, minimiser le premier tercio, et perdre petit à petit le rite taurin voulu par les fondateurs de notre passion, c’est indirectement s’associer aux anti-taurins et cela équivaut à leur donner des pommes de terre. Bien entendu cela ne représente certes pas des centaines de kilos, pour l’instant, mais suffisamment de poids pour prendre des forces et poursuivre leurs avancées devant un public taurin de moins en moins au fait de ce qu’est la tauromachie. La prochaine étape en ligne de mire étant les corridas de Don Bull, où sous prétexte d’absence de sang, les tenants auto-proclamés des mœurs de la bonne morale sociétale, auront tout à gagner de présenter les aficionados a los toros, ceux pour qui le toro doit être bravo et non pas un faire valoir, comme des sanguinaires. Nous serons montrés du doigt, jetés au pilori de la société. Les bonnes âmes s’éloigneront, n’auront d’yeux que pour cette corrida sin sangre, entrant ainsi dans le moule pour être à nouveau acceptés par les moralisateurs. Ces derniers pourront alors crier « au vainqueur les pommes de terre ! ».


* Expression rencontrée dans l’ouvrage de l’auteur brésilien J.M. Machado de Assis (1839-1908), «Le philosophe ou le chien Quincas Borba » (éditions Métaillé, 1998). Cette expression provient des montagnes sud-américaines, où les pommes de terre revenaient à la tribu qui élimine l’autre, afin qu’elle possède la force nécessaire pour passer de l’autre côté du versant de la montagne, et puisse aller éliminer une autre tribu et s’empare d’autres pommes de terre afin de continuer la tâche.
** Despejo, acte effectué par les alguaciles lorsque le peuple s’emparait du ruedo, qui consistait à dégager ce dernier avant le début de la course. Aujourd’hui il est effectué symboliquement lorsque après avoir salué la présidence, les alguaciles vont chercher les toreros au patio de caballos en longeant la talenquère.

samedi 1 août 2009

Club des Pertusiens


Posséder un même centre d’intérêt, appartenir à une même famille de pensée, partager une ou plusieurs passions, fait naître des sentiments décuplés de fraternité, de solidarité, de respect, vis à vis de ces personnes avec qui nous les partageons. Des sentiments d’autant plus forts, lorsque le dénominateur commun se trouve être une activité demandant une grande ouverture d’esprit telle que l’est la tauromachie.
Ouverture sur le monde, afin de comprendre les enjeux politiques que peuvent tirer les abolitionnistes dans leurs actes radicaux intolérants, mais aussi de percevoir leurs véritables natures souvent proche de l’obscurantisme sociétal. Une ouverture sur l’histoire, afin de connaître le passé taurin et ses fondements, mais encore les évolutions des sociétés afin de comprendre les évolutions de notre passion. Ouverture vers les arts, qu’ils soient libéraux ou bien culturels, afin d’exprimer ses avis tout en respectant et écoutant ceux des autres, et de s’enrichir culturellement.

Le lecteur assidu de ces colonnes est, à n’en pas douter, un visiteur tout aussi assidu d’autres blogs taurins. Il a donc très probablement accédé aux écrits d’autres aficionados a los toros qui se risquent à faire partager leur passion. Si le lecteur assidu de ces colonnes et d’autres blogs taurins est aussi amateurs de livres tauromachiques, il a sûrement remarqué lors de ces navigations internautiques, que quelques animateurs de ces blogs, ont aussi connu le plaisir de la publication livresque. Et si le lecteur assidu de ces colonnes et d’autres blogs taurins mais aussi amateurs de livres, aura eu l’excellente idée de posséder la toute dernière édition du « Dictionnaire Pertus »*, il aura remarqué que dans la blogosphère taurine française, quelques noms des animateurs sont aussi des « Pertusiens ».

Ces bloggers « Pertusiens », constituent un club d’auteurs-bloggers très restreint. Bien entendu ce club n’est nullement constitué administrativement, même si rien n’empêche que cela puisse se produire un jour, mais il existe tout du moins virtuellement. La liste de ces membres n’est pas d’une longueur exceptionnelle, ce qui aux yeux de quelques personnes pour qui la renommée associative n’existe qu’à la longueur d’une liste de membres, pourrait ne pas donner de réelle valeur à ce « Club des Pertusiens ».

Qu’importe les esprits chagrins pour qui seule l’apparence compte, si ce « Club des Pertusiens » doit avoir une valeur, c’est au lecteur, au visiteur des blogs de la donner de par une fidélité à suivre les écrits des « Pertusiens ». Quoi qu’il en soit, si valeur il doit y avoir sur les publications, les auteurs de la dernière édition du « Dcitionnaire Pertus », ont jugé digne de faire figurer quelques noms dans cet ouvrage de référence.

Mais qui sont donc ces « pertusiens » doivent ce demander certains et certaines des lecteurs de ces colonnes ? Commençons, par ordre alphabétique, avec Olivier Deck, artiste que l’on ne présente plus. Mentionné dans ce dictionnaire des textes taurins en langue française pour ces ouvrages « Discours de la taverne » publié aux éditions Séguier en 2000, il publia « Toréer quand même » aux éditions Cairn en 2004. Deux ans plus tard, ce sont les éditions Verdier qui publient son recueil de nouvelles sous le titre « Les yeux noirs ». La même année son écriture est récompensée par le 1er prix du « Prix Hemingway ». Olivier Deck collabore en 2007 à l’écriture de textes pour le numéro 6 de « Faenas » des éditions Verdier, mais en 1987, on le retrouve déjà aux côtés de Mathieu Sodore pour « Chanson de geste ; Paco Ojeda et José Mari Manzanares ». Aujourd’hui, Olivier Deck écrit sa passion de la tauromachie sur le http://www.latertulia.fr/.

A Nîmes, Marc Delon anime un blog qui se situe autour des mots, de la photo et des toros, que l’on peut visiter à l’adresse http://photosmotstoros.blogspot.com/. Primé en 2008 par le jury du concours de nouvelles du « Prix Hemingway », Marc Delon publia à compte d’auteur « Sentiments aficionados » tomes I et II en 2002 et 2003, puis « Fantasmatadors » aux éditions Cairn en 2005.

Depuis les Landes, les « Chroniques du Moun » (http://chroniquesdumoun.free.fr/), sont superbement animées par une personne connue sous l’apodo de Isa du Moun (mais son véritable patronyme la place bien ici dans l’ordre alphabétique). Isa, une amie très chère, nous livre toute sa sensibilité dans les « Chroniques », mais elle est surtout une auteure qui a co-écrit avec Jacques Durand et Miguel Darrieumerlou, ce qui n’est pas rien d’être de figurer au cartel avec ces Messieurs, les textes d’un livre de photographie de Bruno Lasnier paru en 2004 et intitulé « Fernando Cruz ».

En Arles, une autre auteure, Catherine Le Guellault, nous fait partager sa passion des toros à travers son blog http://catherine-le-guellaut.over-blog.com/. Publiée par les éditions Cairn en 2006 et 2007, pour deux recueils de nouvelles intitulés «Les taureaux rêvent aussi » et « Et la lune nous regardait », Catherine vient de co-écrire en cette année 2009, « 250 réponses à vos questions sur la tauromachie ».

C’est sur l'estuaire de la Gironde que l’on croise Ludovic Pautier, un blogger au répertoire largo comme l’étaient certains grands toreros. Animant une émission radiophonique sur le flamenco le lundi soir de septembre à juin, émission intitulée « Falseta » et que l’on peut écouter via le net sur les ondes « Radio Campus » à Bordeaux, il est aussi l’animateur du blog http://pinchosdelciego.blogspot.com/, dédié aux toros, au flamenco et à la poésie. Ludovic, Ludo pour ceux qui ont eu le plaisir de partager quelques moments avec lui, a eu le bonheur de d’écrire en 1999 avec son grand ami et regretté Jacques Bacarisse, « Noir toro, blanche arène » publié aux éditions Cairn.

Située plus bas géographiquement, Nadège Vidal nous régale de ses textes sur le blog http://nadegevidal.blogspot.com/. Elle vient d’être publiée au mois de mars 2009 par les éditions Cairn, pour son dernier ouvrage qui est un véritable plaisir de lecture, « Une saison sans taureaux ». Les éditions Verdier ont aussi édité en 2008 pour « Petits désordres autour des taureaux », ainsi que les éditions du Diable Vauvert la même année pour « Mano a Mano ». La maison d’édition gardoise édita en 2007 son texte « Machado et les toros ». En 2006, Nadège a vu l’une de ses nouvelles primée par le jury du « Prix Hémingway », l’année suivante elle collaborait au numéro 6 de « Faenas » des éditions Verdier.


C’est en raisons d’impératifs de publications, que le référencement des ouvrages mentionnés dans la dernière édition du « Dictionnaire Pertus » fût été arrêté au mois de décembre 2008. En cela ne figurent pas les toutes dernières publications de Catherine, Nadège et l’animateur de ces colonnes. Mais si j’ai le plaisir de figurer dans ce « Club des Pertusiens », c’est pour la publication par "l’Union des Bibliophiles Taurins de France" en 1998, de « Nantes et les courses de taureaux, une face cachée de la cité des Ducs », en attendant une éventuelle prochaine édition du dictionnaire, et que soit rajouté « L’équerre, le compas, les toros ».

Ce « Club des Pertusiens », aussi virtuel qu’il puisse être, se retrouve parfois autour de rencontres bien réelles sur les parvis de quelques arènes, où nous avons le plaisir de prendre le temps de discuter ensemble. Me concernant, les rencontres cette année furent possibles à Vic, Céret, lors des jours à venir où le temps de quelques instants de vacances permettra de quitter les terres de l’exil pour de nouvelles pérégrinations taurines, cela se produira à nouveau, rendez-vous est déjà pris. Ensuite le travail reprendra avec force et vigueur pour revenir alimenter ces colonnes, ceci à partir de l'ultime semaine du mois d’août.


DictionnairePertus, répertoire des textes taurins en langue française », de Serge Milhé, Bernard Rendu et Jean-Louis Rouyre, éditions UBTF année 2009, prix 28 euros. ISBN 978-2-909521-31-2.

dimanche 26 juillet 2009

Verticalité, horizontalité.


« Le torero est la ligne verticale, le taureau est la ligne horizontale ». Cette phrase écrite par Nadège Vidal dans son dernier livre « Une saison sans taureaux »*, n’est pas dénuée d’intérêt si l’on veut prendre le temps de s’y arrêter. Une phrase qui invite à réfléchir sur sa propre conception taurine, une réflexion qui pourrait passer pour une digression au regard de l’aficionado attiré par les seules réséñas et autres étalages de sciences taurines, mais pour peu que l’on aime et ose sortir des sentiers battus tauromachiques, l’on se rend compte que cette verticalité et cette horizontalité exprimées, reflètent bien un ressenti chez l’aficionado a los toros.
Il n’est pas besoin d’être un spécialiste du symbolisme et des figurations allégoriques afin de percevoir que l’association de la verticale et de l’horizontale représente une équerre, où le sommet de celle-ci se trouve figuré par le leurre, le capote, la muleta. L’équerre qui dans le symbolisme représente la rectitude dans l’action, ou encore l’espace, mais aussi l’action du bien dans l’intérêt des « frères » pour celle accrochée sur le sautoir du Vénérable Maître d’une loge maçonnique. Lorsque l’équerre est déséquilibrée, en forme de « L », elle représente l’activité et le dynamisme, a contrario, l’équerre dite équilibrée en forme de « T » symbolise l’actif et le passif. En résumé, elle est la représentation allégorique de la rectification et l’ordonnation de la matière.

Une équerre lorsqu’elle est multipliée par quatre, forme la croix, une croix entre autre symbole de religion. Est-ce par un toréo figurant l’équerre figée et donc indirectement la croix, que des toreros « modernes » deviennent des Dieux vivants de la religion taurine ?
Cette équerre représentée lors du toréo « tomasiste » actuellement de mode, possède la particularité non pas d’avoir le sommet par le seul leurre, malheureusement ramené à la simple muleta alors que toréer cela se réalise aussi de cape, mais un sommet de cette équerre allégorique trop souvent placé dans la chair. Ce qui permet au public mais aussi aux commentateurs taurins, de rendre compte des trophées éventuels et des coups de cornes reçus. Des blessures que l’on veut faire apparaître comme autant de gage de bon toréo chez les « modernes », alors que si l’on se remémore quelques bases taurines, l’on sait que lorsque le matador se fait accrocher, c’est quasiment toujours suite à une erreur de sa part.
Par sa verticalité et l’horizontalité du toro se trouvant face à lui, par cette équerre symbolique, les admirateurs du torero disent qu’il effectue de nouveaux tracés du toréo. L’équerre, symbole des constructeurs, lui permet d’édifier, une tauromachie dans des terrains jusqu’alors inconstructibles. Pourtant, l’on sait que toute construction bâtie sur des terrains impropres, a pour destinée de s’effondrer, même à long terme. Construire une tauromachie dite moderne, sur les bases inverses aux canons taurins, amène tout naturellement à l’effondrement des fondamentaux tauromachiques. N’ayant plus de repères, les nouvelles générations d’aficionados qui n’auront pas l’envie de lire le Tio Pepe par exemple, perdront à jamais cette perception de ce que doit être la corrida.

Alors que toréer est s’imposer à la matière brute du toro, de tailler cette matière pour en faire un chef d’œuvre tauromachique, alors que l’artisan amène la matière à lui sur son plan de travail, voilà que l’artisan taurin dit moderne veut maintenant aller à l’encontre des racines mêmes de son art. Il va vers la matière, le toro, et ne cherche pas à la faire venir à lui. Il est vrai que poser cette matière sur l’établie permet dans voir les moindres aspérités, d’avoir l’ensemble des outils a proximité et donc de démontrer que l’on excelle dans son art en ayant tout loisir de travailler à son aise. A l’inverse, celui qui travaille au sein de la carrière ne prenant pas la peine d’extraire davantage le minerai, ne se donne pas le temps d’observer, de se rendre compte des difficultés occasionnées lors de l’extraction et donc de la nature même de la pierre, de comprendre les aspérités qu’offre la matière. Il donne par contre l’impression d’une maîtrise technique, tout simplement parce qu’il n’effectue pas sa tâche comme les autres artisans. Mais ne pas faire comme les autres, afin de se donner un style et sembler ainsi être en dehors de la masse, n’est pas forcément un gage de qualité.

Pour être efficient dans son domaine, l’artisan doit manier les outils suivant des méthodes ancestrales. Aller contre cela, passer pour un pseudo révolutionnaire en proposant une « nouvelle » façon de créer, de bâtir une œuvre, masque parfois une incapacité à appliquer les bases mêmes de son Art. L’équerre symbolique figurée par la verticalité du torero et l’horizontalité du toro, doit avant tout de permettre l’exécution d’un tracé tauromachique s’imposant à la matière brute représentée par la nature elle même du bicho.
Dans le symbolisme justemment, l’équerre sert à mesurer la terre et à tracer le carré. Ce carré, d’où est issu le cercle comme le démontre si bien la construction de la spirale de l’escargot à la manière de Fibonacci. C’est à ce stade que l’équerre s’associe au compas, représenté par la position des pieds du matador. L’association équerre-compas effectuant le tracé de la courbe, créant ainsi les conditions pour dominer le toro, changer la nature rectiligne de sa charge naturelle afin de la rendre circulaire suivant la volonté de l’homme.

En Chine, l’équerre fût portée par Fu-Shi comme reflet de ses vertus magiques lui conférant un statut de sainteté. C’est pour cela qu’elle est devenue l’un des emblèmes de l’Empereur. Le torero voulant devenir un Empereur du monde tauromachique, doit avant tout maîtriser sa verticalité, l’horizontalité du toro, donc cette équerre symbolique, en respectant aussi les valeurs de probité et de justice qu’elle représente. Et pour cela, il lui faudra bâtir son œuvre suivant les règles de l’architecture taurine, savoir représenter une équerre en forme de « T »et non pas de « L » comme l’on a tendance à le voir trop souvent. Donner la bonne proportion aux branches de l’équerres, c’est savoir donner coordonner l’harmonie de la verticalité et de l’horizontalité, et donc respecter les fondements du toreo, de la lidia.


« Une saison sans taureaux » de Nadège Vidal, éditions Cairn, mars 2009. ISBN 978-2-35068-138-2.

lundi 20 juillet 2009

Tomber la chemise ?


La feria de Pamplona, qui célèbre son Saint en plein été alors que la fête réelle est en automne, est l’une des principales fêtes taurines de la temporada, de part ses particularités ainsi que sa position à moitié du calendrier taurin européen. De ses particularités, l’on retiendra celle de présenter des bichos au trapio impressionnant, mais celle consistant dans la singularité de son public. De réputation internationale, notamment suite à l’œuvre d’Ernest Hemingway, une multitude de nationalités se retrouvent tous les ans entre le 7 et le 14 juillet. Au-delà des différences, cette unité se créée autour de la fête du toro, même si les anti-taurins seront plus prompt à retenir le côté festif en le ramenant à une simple beuverie géante. Mais passons outre ces clichés, que seuls les esprits mal intentionnés aux désirs obscurantistes désirent généraliser, pour nous arrêter un instant sur un aspect des San Fermines et de son public.

Toute personne qui a entendue au moins une fois parler de la feria de Pamplona, sait que le matin est procédé au lâché des toros qui seront combattu le soir par les toreros, un encierro dont le parcours dans les rues de la cité navarraise se déroule immuablement du corral de Santo Domingo à la plaza de toros. Les encierros de Pamplona sont de réputation mondiale, l’on y a vu des toreros de renom le courir, d’Antonio Ordoñez à Luis-Francisco Esplá, en passant par Emilio Muñoz ou bien Francisco Rivera « Paquirri ».
Une autre image que retiendra l’observateur, est la tenue vestimentaire de ceux et celles venus célébrer San Fermin. Un pantalon blanc, un haut de la même couleur, le tout rehaussé d’un foulard rouge noué autour du coup. Du plus humble au plus illustre, du simple touriste à Madame le Maire en passant par l’aficionado a los toros, les participants à cette semaine de fête sont ainsi vêtus.

Le port d’une tenue vestimentaire à toujours fait l’objet d’intérêts, qu’ils soient approbateurs ou bien réprobateurs. Le vêtement servant à couvrir le corps, pris rapidement des orientations symboliques ou encore démonstratives. Des tenues mais aussi couleurs, réservées à quelques catégories sociales, afin de se reconnaître entre eux, voire pour cataloguer certains peuples. Des juifs, à qui dès 1269 il a été imposé le port d’un cercle jaune (la rouelle) qui fût repris sous une autre forme quelques siècles plus tard, aux styles des différentes jeunesses, le port du vêtement nous informe, nous parle, de la personnalité, de l’appartenance de celui ou celle qui le porte. Un vêtement, qu’il soit religieux ou laïque, permet de séparer l’homme de la nature, mais pas de sa nature. Une séparation de La nature, car l’homme né nu, et dès la naissance on lui fait porter un vêtement, ce qui est considéré comme un premier acte de civilisation dans notre culture occidentale. Mais l’être humain n’est pas séparé de Sa nature, car le vêtement qui a évolué tout au long de l’histoire, évolue aussi avec celui ou celle qui le porte.

Le vêtement est un élément qui cache et qui montre, de sa fonction érotique et ce bien avant Tamar qui séduit Juda avec son voile de séduction, à celle d’élément constitutif de groupe humain. C’est en ce sens que l’ensemble des mouvements religieux ou bien philosophiques attachent énormément d’importance aux vêtements. Afin de poursuivre la ligne directrice de ces colonnes, et qui semble en faire tout l’intérêt des visiteurs assidus de plus en plus nombreux, il est intéressant de noter qu’un mouvement philosophique comme la franc-maçonnerie, accorde une grande place au vêtement. Une importance frisant parfois avec l’orthodoxie concernant le port du costume sombre, de la chemise blanche et de la cravate. Mais hormis cet aspect provenant d’un dogmatisme issue du monde profane, le vêtement dans la symbolique de la franc-maçonnerie, est surtout le tablier accompagné des gants voire du cordon à partir du troisième degré. Se vêtir de la sorte peut paraître désuet à notre époque, pourtant ce qui ne porte à aucune critique lorsqu’il s’agit de confréries gastronomiques ou viticoles, prête à sarcasmes lorsqu’il s’agit de la franc-maçonnerie. Même si la tenue d’une confrérie peut avoir une connotation « folklorique » aux yeux du quidam, elle possède toute son importance dans sa portée rituélique et symbolique, à l’identique de ce que pratiquent les francs-maçons. Si pour quelques uns le tablier et les gants sont à arborer comme les décorations militaires, pour la majeure partie des protagonistes maçonniques, ce vêtement est nécessaire à l’interprétation, l’imprégnation du rite. Le port du vêtement fait parti des gestes préliminaires pour la préparation, la mise en place de ce dernier.

En ce sens, même si cela doit déplaire à une catégorie de passionnés taurins, nous autres aficionados a los toros, partageons cet aspect avec les mouvements religieux et philosophiques et donc la franc-maçonnerie. Nous sommes intéressés par le vêtement, et pas seulement par l’attention esthétique ou bien technique de la réalisation du traje de luce des toreros. Cet intérêt est fortement visible sur les tendidos, où se retrouve un fort pourcentage de personnes arborant soit une chemise à connotation camarguaise ou aux représentations taurines, soit une tenue dérivée de la tradition pamplonaise, ceci sans compter de quelques dames porteuses de coiffes ou robes de mouvances andalouses. Parmi ce monde amateur de corrida, l’on rencontre des personnes qui jouent, voire parfois se jouent, un rôle, celui de l’aficionado. Il ne faut pas entendre ici le verbe jouer avec une notion péjorative, mais bien dans le sens d’interpréter.

Car pour apprécier la tauromachie, ou tout du moins la corrida, certains ont besoins d’interpréter l’aficionado. Ceci afin de se sentir appartenir à un groupe, une uniformité d’agir et de penser recherchée, car rassurante devant les incertitudes de la vie. Mais aussi une interprétation requise à l’image de ce qui vient d’être évoqué concernant les confréries, mouvements religieux ou encore philosophiques, où l’amateur de corrida éprouve ce besoin d’imprégnation et d’interprétation du rite taurin qu’il traduit par le port d’un vêtement particulier pour la circonstance. A l’opposé, l’on trouve des aficionados a los toros qui n’éprouvent aucunement ce besoin de changement vestimentaire pour se rendre aux arènes. Afin de s’imprégner et d’interpréter le rite auquel ils vont assister, ils effectuent une démarche simplement intellectuelle, cette seule démarche leur suffit pour réaliser l’acte taurin. Les soucis, interrogations et autres métaux extra-tauromachiques sont laissés à la porte temple taurin, sans artifices vestimentaires.

Il n’est pas question ici de désigner un comportement plus inapproprié que l’autre, si ce n’est la « dangerosité » de l’accoutrement vestimentaire lorsque ce dernier n’est effectué qu’avec le seul souci de se sentir appartenir au groupe. Car le résultat insidieusement obtenu, est de gommer la personnalité propre, de vivre à travers l’image des autres sans prendre cas de sa propre personne. Un peu comme, même si c’est dans un autre registre, cet aficionado chevronné croisé à au stand d’un libraire aux abords des arènes de Céret, qui donnant son avis sur un livre en pointant l’objet de son index vengeur, affirme « Il paraît que ce n’est pas bien ». Livrant sa sentence à ses amis sans que jamais ceux-ci ne lui fassent remarquer que sa critique était impersonnelle et simplement basée sur le « il paraît que » comme d’autres ne s’expriment que par des « On m’a dit que » où ne faisant qu’étaler des citations d’autrui. Devant une telle attitude impersonnelle, il est a espérer que cet aficionado chevronné, qui était en compagnie d’un rédacteur de la doyenne des revues taurines, ne s’exprime pas dans ces colonnes. C’est donc cela que l’aficionado doit éviter, en s’interrogeant sur la manière dont il s’approprie le vêtement avec lequel il se rend aux arènes.

Le vêtement que nous aficionados a los toros portons pour aller sur les tendidos, doit avant tout correspondre à ce que nous sommes, et non pas nous formater vis-à-vis de la masse, un peu comme ces francs-maçons réfractaires à une certaine orthodoxie vestimentaire qui gomme les personnalités. Etre soi-même, afin que le pouvoir ne prenne pas l’imagination, c’est ainsi libre que notre intellect s’imprègnera et communiera correctement avec le rite taurin.

mardi 14 juillet 2009

Taurophobie, 3è et dernière partie.


Afin d’en terminer avec les propos sur la taurophobie juxtaposée avec la maçonnophobie, démarche entreprise depuis le 4 juin avec deux articles précédemment publiés sur ces colonnes, il semblait intéressant de s’arrêter rapidement sur une ultime curiosité idéologique.

Parmi les anti-taurins connus mais aussi anonymes, l’on en trouve aux sensibilités libertaires voire totalement anarchistes, qui ne contestent nullement les parodies de procès comme celle présentée dans le dernier texte traitant de l’anti-taurinisme primaire. Ces réfractaires à toutes formes de justice étatique, acceptent sans mot dire que leur combat puisse se réfugier à l’ombre d’un tribunal, mais aussi à l’abris de propositions de lois pour que la tauromachie soit interdite, alors qu’en d’autres termes ils crient haut et fort qu’ils rejettent les lois. Ils en appellent au législateur, pour lequel ils ne prennent même pas le temps de ce déplacer pour aller voter en d’autres circonstances.
Ces « amoureux » des libertés, qui sont souvent vus dans des manifestations pour la défense des intérêts régionaux, pour la valorisation des langues minoritaires, pour les reconnaissances des particularismes des régions, se contredisent en soutenant des actions contre la corrida. La corrida qui en France, fait partie intégrante d’un particularisme régional, et par conséquent, qui devrait être défendue sur le fond par ceux et celles qui militent pour faire reconnaître et vivre en toute liberté les régions.

Dans la même veine, aimant ainsi s’en prendre à ce qui n’est pas comme eux, désireux de détourner à leur profit le moindre sujet, des libertaires n’hésitent pas à qualifier l’engagement maçonnique de leurs illustres aînés véritablement humanistes que sont Bakounine, Proudhon, Louise Michel, comme n’ayant été le fait que de quelques « têtes d’affiches » du mouvement anarchiste n’ayant pas eut vraiment le choix pour ce qu’il en était de trouver quelques havres de paix et un minimum de solidarité susceptible de desserrer d’un cran le nœud coulant d’une répression particulièrement féroce, comme il est écrit dans un article publié dans la revue « l’émancipation syndicale et pédagogique » au mois de février 2007.
Prenant exemple d’un événement survenu à Saragosse en 1936 lors de la guerre d’Espagne, où un franc-maçon pacifiste de la C.N.T. prit langue avec un général factieux franc-maçon, et qui découla sur la tuerie de 15 000 militants libertaires, l’auteur de cet article conclue son exposé en précisant que plus que jamais, il est donc nécessaire de clamer haut et fort : « ni dieu, ni maître, ni franc-maçonnerie ».
Comme le fait l’auteur du cours d’anti-tauromachie évoqué ici-même il y a quelques semaines, texte dans lequel le monde taurin est qualifié de proche des régimes totalitaires avec pour simple exemple une photographie sortie de son contexte historique, pour un acte qui a malheureusement engendré une tuerie humaine la sentence contre les francs-maçons tombe, ferme et définitive, sans appel.

A cette idéologie libertaire, anarchiste, qui dans ses fondements est réellement humaniste, comme le démontra l’ancien novillero et militant anarchiste Melchor Rodriguez, il ne faut pas oublier un autre courant de pensée où l’on retrouve des personnalités hostiles à la tauromachie, et dont l’idéologie politique l’est aussi envers la franc-maçonnerie. Il s’agit de la pensée communiste.

Léon Trotsky évoqua parfaitement en 1922 l’animosité qu’il éprouve envers les francs-maçons, offrant à ses « camarades » une perception toute personnelle du sujet édictée en véritable dogme. Pour le leader du courant qui portera son nom, la franc-maçonnerie n’est en somme qu’une contrefaçon petite bourgeoise du catholicisme féodal par ses racines historiques. Il l’accuse d’être une partie non officielle, mais extrêmement importante, du régime bourgeois, affirmant aussi que les loges étouffent et souillent les âmes au nom de la fraternité. Faisant preuve d’une grande intolérance envers ses camarades, Trotsky écrit qu’ils peuvent rougir de honte en apprenant que dans les rangs d’un Parti Communiste il y a des gens qui complètent l’idée de la dictature du prolétariat par la fraternisation dans les tenues maçonniques avec les dissidents, les radicaux, les avocats et les banquiers. Allant jusqu’à conclure son intervention en affirmant que la franc-maçonnerie est une plaie mauvaise sur le corps du communisme français. Il faut la marquer au fer rouge. Cette dernière phrase aurait-elle suggérée une idée aux protecteurs animaliers anglais radicaux, qui ont marqués au fer rouge de leurs initiales associatives un journaliste qui enquêtait sur leurs pratiques ?

Mais là où cette aversion de la franc-maçonnerie trouve à merveille son pendant dans la cause anti-taurine, est lorsque Léon Trotsky souhaite qu’une lame impitoyable tranche une fois pour toute les liens politiques, philosophiques, moraux et mystiques qui rattachent encore la tête de son Parti aux organes déclarés ou masqués de la démocratie bourgeoise, à ses loges, à ses ligues, à sa presse. Si ce coup d’épée laisse par delà les murs de notre Parti quelques centaines et même quelques milliers de cadavres politiques, tant pis pour eux . Afin d’imposer son point de vue, le leader trotskyste en appelle à la guerre fratricide. Ceci au même titre que les mouvements de protections animaliers composés de militants de toutes sensibilités politiques dont bon nombre aux idéaux d’extrême gauche, ne sont pas gênés par la perte d’animaux du moment où d’autres sont sauvés, comme cela fût observé lors d’une intervention contre la chasse à courre en France pendant l’année 2007 et lors de laquelle des chiens d’équipages sont morts de chaleur dans les camions bloqués par les militants animaliers. Les « amis » des animaux ne s’en sont pas émus, dès l’instant où un chevreuil en ce cas précis, fût « sauvé » par eux comme ils ont pu l’affirmer devant les caméras de télévision.

Tout comme Léon Trotsky s’en prenait avec forte violence et proférait un enseignement dogmatique contre la franc-maçonnerie, ses descendants idéologiques d’aujourd’hui s’en prennent aussi aux aficionados qui sont moins nombreux et donc plus faciles à combattre que leurs adversaires directs prônant haut et fort le capitalisme. En fustigeant la franc-maçonnerie, Trotsky ne faisait qu’ouvrir un parapluie politique vis à vis d’une éventuelle mise en échec de son système de pensée. De nos jours, les descendants idéologiques des dignitaires de la pensée communiste s’attaquants à la tauromachie, évitent de la sorte de mettre en lumière l’échec de leur idéal politique qui n’a pas réussi à protéger l’Homme face au capitalisme.

Des élus du PCF, au nombre de trois, par une proposition de loi déposée au mois de décembre 2007, ont demandé à ce que l’accès aux arènes où tout autre lieu où est organisée une course de taureaux comportant la mise à mort d’un animal, est interdit aux mineurs de mois de quinze ans. Pendant que les trois personnalités communistes issus de départements non imprégnés de tradition taurine, puisque élus en Seine-Saint-Denis, Nord et la Seine-Maritime, passent leur temps, leur énergie à vouloir légiférer contre la tauromachie qui ne concerne pas leurs départements respectifs, ils ne peuvent être pleinement acteurs afin de résoudre les problèmes rencontrés au sein de leurs circonscriptions. Mais avant de s’en prendre aux corridas qui ne se déroulent pas dans leurs régions, n’y a-t-il pas plus grave à combattre pour eux, n’y a-t-il pas mieux à faire pour aider les jeunes en difficultés dans leurs départements, que de vouloir interdire l’entrée d’un spectacle donné loin de leurs contrées ?

A la lecture des trois textes proposés ici-même depuis le 4 juin, il est donc aisé de constater qu’existe un fort lien entre la franc-maçonnerie et de la tauromachie concernant les attaques dont elles ont été respectivement les cibles dans le passé, mais aussi encore de nos jours. Outre les maintenant traditionnelles accusations communes de secte, maffia et autre qualifications, il convient de constater que ce qui fait l’un des fonds de commerce des maçonnophobes et des taurophobes, ne trouve sa motricité que dans l’ordre du fantasme collectif.

Le fantasme, dénominateur commun des structures des l’idéologies anti-maçonnique et anti-taurines, qui, il faut bien l’avouer, arrivent sans peine à endoctriner le quidam peu soucieux de rechercher Sa Vérité. Car il est bien plus facile et bien moins fatiguant de boire les paroles des autres, que chercher à comprendre sans travailler soi même à minima, à l’édification de ses idéaux. Les adversaires les plus virulents de la franc-maçonnerie mais aussi ceux de la tauromachie, l’ont bien compris depuis fort longtemps, et tant que le fantasme aura une influence sur les esprits peux soucieux de vérités, leurs actions perdureront.

Il est à noter que ces affirmations diffusées sur le net il y à plusieurs mois et prêtées au torero Rafael Jimenez « Chiquilin » après qu’il est annoncé qu’il ne voulait plus combattre les taureaux parce que grâce à son chien il a aperçu l’amour des bêtes, ont toutes été agrémentées de commentaires parlant de repentance de la part du torero. Nous retrouvons la notion de bien et de mal qui amène l’homme à devoir se repentir, notion chère aux moralisateurs dogmatiques, qui estiment être eux seuls dans le droit chemin.
Tout comme la franc-maçonnerie est combattue par les Eglises, les adversaires de la tauromachie calquent leurs attitudes sur le dogme de leur religion de la nature, sans laisser de place aux autres sensibilités. Pour eux l’amour des animaux est absent des cœurs des aficionados, ils pensent être les seuls détenteurs d’une réelle sensibilité envers les espèces animales. Pour qu’un aficionado ou un torero trouve grâce à leurs yeux, seuls des actes de repentances comme celui de « Chiquilin » sont concevables. Une repentance, qui pour être complète, doit passer par un rejet total de la « souffrance animale » qu’engendre une alimentation carnée. Pour entrer dans le droit chemin, leur droit chemin, ils invitent et incitent fortement à se nourrir de façon végétales, à devenir végétariens voir végétaliens, comme ils le profèrent sur de nombreux sites ou autres forums accessibles sur la toile, car pour les « naturolatres », la salade ainsi que les autres végétaux ne démontrent pas de souffrance lorsqu’ils sont arrachés.

La franc-maçonnerie n’échappe par à la règle de repentance, d’anciens francs-maçons s’expriment sur le net comme si ils devaient expier une faute, une honte, en rejetant le mouvement philosophique auquel ils ont pourtant adhérés de nombreuses années et dont ils ont eu pour certains, des responsabilités. Ces ex francs-maçons invitent le quidam à ne surtout pas approcher les « frères », et à leurs anciens amis, de fuir le mouvement. Ces actes de repentances sont bien entendue repris par les adversaires de la franc-maçonnerie, d’autant plus apprécié par une partie des anti-maçons, lorsque ces actes de repentances passent par le message de l’Evangile.


Ce rapide tour d’horizon débuté par un premier texte publié sur ces colonnes le 4 juin, augmenté par un second le 21 du même mois, permet de constater les lignes directrices communes empruntées par les différents contempteurs que peuvent avoir en commun les francs-maçons et les aficionados. Mensonges, fantasmes, haine, sont le flot quotidien des attaques portées contre les aficionados, dans la pure tradition populiste déployée par les adversaires des francs-maçons, qu’ils soient de sensibilités politiques de droite comme de gauche. Le lecteur assidu ou bien occasionnel de ce blog, aura tout le loisir si il le souhaite, d’approfondir cet aperçu de l’anti-maçonnisme et de la taurophobie, les documents sur la toile ainsi que les livres ne manquent pas. Afin de mieux cerner ce que peut cacher la taurophobie que nous aficionados a los toros rencontrons de plus en plus souvent, il paraissait intéressant et important de prendre le temps d’effectuer cette juxtaposition idéologique lors de ces trois textes, afin de démontrer les similitudes qui peuvent exister entre deux sujets qui ne laissent pas indifférent, et ainsi de mieux comprendre ce qu'il peut se cacher derrière certains idéaux sociétaux.

jeudi 2 juillet 2009

LIEUX INTEMPORELS


Un idéal prend réellement force et vigueur, lorsqu’il est possible de communier autour des actes et des valeurs qu’il représente en quelques endroits où l’on se trouve. Pour cela, il ne faut pas que ces actes et valeurs puissent se vivrent en un lieu de célébration défini, mais que l’endroit soit bien intemporel. Si il existe un idéal possédant encore cette dimension dans notre société, et dont la célébration symbolique et rituélique entre dans ce cadre, il s’agit bien de la tauromachie.

Comme chacun le sait, le lieu cérémoniel de la célébration du culte du toro, se trouve dans une arène construite à cet effet. Une arène dont la structure reste fixe à longueur d’année, une plaza de toros mais aussi des placitas aménagées ponctuellement. Ce qui fait une plaza de toros, n’est pas tant l’édifice en lui-même, mais bien ce qui le créé et en reflète l’esprit. Une arène, même antique, dépourvu des traditionnelles barrières de bois, de la piste en sable, de quelques portes de toril et cuadrilla, ne fera pas frémir l’émotion taurine de l’aficionado a los toros. Il pourra ressentir une sensation à la vue de la structure et de ce qu’elle représente aux yeux de l’histoire, mais très certainement pas un sentiment taurin.

Afin de permettre l’expression de l’égrégor émanant de la foule humaine créant, grâce à sa particularité, une osmose humaine vis-à-vis de l’acte, la fibre tauromachique doit se dégager du lieu. Cette fibre ne s’inscrit pas dans les murs d’un bâtiment, mais dans le déroulement de l’acte taurin, se structurant et se consolidant à partir de la cérémonie d’ouverture. Toute prestation tauromachique se voit dotée de ce cérémonial, le paseo bien entendu, mais aussi l’installation des protagonistes même lors de la plus petite capea. Car même sous une apparence parfois anarchique, les acteurs d’une capea suivent bien un rituel d’ouverture.

S’intéresser à la culture et l’histoire méridionale, permet de comprendre comment la tradition tauromachique a pris racine, mais aussi de percevoir que l’ensemble des terres taurines françaises ont souvent offertes un bon accueil, et ce dès leurs apparitions, aux croyances ou philosophies pouvant ce vivre dans des lieux intemporels. La plus célèbre des ces religions, fût celle de l’église Cathare, qu’une autre église qualifia d’hérétique, et qui sous ce prétexte, en profita pour annexer les terres occitanes au royaume de France il y a 800 ans. La religion Cathare refusait le luxe mais aussi les lieux de cultes, elle était composée de deux rites, le méliorament et l’endura, ainsi que d’une cérémonie, le consolament. Cette dernière se réalisait dans un lieu discret, sanctuarisé pour l’occasion.

Si la religion Cathare n’a pas survécu aux persécutions, du moins dans sa forme originelle puisque certains s’évertuent à faire vivre un prétendu esprit cathare et donc réalisent l’interprétation d’un culte longtemps interrompu et à la mémoire véritable perdue, d’autres courants aux célébrations intemporelles ce sont bien ancrés dans les terres méridionales. Poursuivant l’esprit qui a motivé la mise en ligne de ce blog, il convient donc de s’arrêter sur l’un de ces courants philosophiques qui pris racine dans le midi dès son arrivée en France dans le premier tiers du XVIIIè siècle, la franc-maçonnerie.

A l’identique des corridas de toros, une réunion de francs-maçons se déroule dans un lieu dénommé « temple » au cœur d’un édifice construit à cet effet par raisons de commodités. Commodités contemporaines, mais aussi soucis de discrétion, car à l’origine, les assemblées se réunissaient dans les arrières salles de tavernes anglaises. Dans le temple se réunit une loge, composée de francs-maçons et de francs-maçonnes. Comme pour la corrida où l’arène est le temple, les toreros différents à chacune des courses sont comparables au francs-maçons qui diffèrent d’une loge à l’autre. La loge se constitue grâce à un cérémoniel d’ouverture ritualisé, qui permet de positionner les différents outils symboliques nécessaires à l’harmonie et à l’égrégor.

L’exemple contemporain le plus marquant de cette intemporalité d’une loge et dans laquelle l’harmonie se propagea, est l’histoire de la loge « Liberté Chérie », constituée dans le baraquement numéro 6 du camp de concentration Emslandlager VII de Esterwegen. Sept prisonniers de nationalités belges et surtout francs-maçons, ont le 15 novembre 1943, créé une loge maçonnique en ce lieu de mort. Une loge qui initia même un autre prisonnier, et qui travailla sous la couverture de prêtres catholiques eux aussi retenus par les nazis, qui surveillaient le baraquement pendant le déroulement des réunions. Les divers témoignages rapportent que les sujets abordés étaient de l’ordre de ceux étudiés dans toute loge, sociétaux comme philosophiques. Le rituel était des plus simples et se déroulaient autour d’une table. Rien à voir donc avec certains édifices maçonniques démesurément grands, et de quelques décors plus rutilants que les rues d’une grande ville à la période de Noël. Cette loge créée dans de terribles conditions, a pu vivre grâce à la volonté humaine dans un lieu éphémère, effacé après chaque réunion, mais dont les protagonistes ont donné force et vigueur.

La religion Cathare en son temps, la franc-maçonnerie et la tauromachie depuis leur avènement,, se vivent, se réalisent en un endroit sacralisé mais éphémère. Les arènes sont rendues aptes à célébrer le combat entre l’homme et le toro, par un rite de sanctification qui prend force et vigueur dès l’entrée des différents acteurs, et sous l’accompagnement des spectateurs. Car rendre un lieu sacré afin de réaliser le rite, ne peut se faire sans l’ensemble des individus, ainsi tous acteurs de l’égrégor.
Même si l’aspect initiatique des aficionados a los toros pour qui la tauromachie n’est pas que le seul fait de voir une corrida, fait de plus en plus souvent défaut sur les tendidos, la réunion des acteurs arrive encore à offrir un caractère sacré au déroulement du combat. La part importante, comme l’affirment certains exégètes des mouvements philosophiques, en étant le rituel, qui contribue à révéler à la pleine lumière le caractère intérieur, spirituel et spéculatif, ceci étant valable pour le temple moral, et applicable au temple religieux, philosophique mais encore taurin.

Une fois le rite accompli, le temple, l’arène, redeviennent des endroits insignifiants, qui pourraient accueillir tout genre de manifestation. Ces lieux éphémères retournent à leurs sens premiers en attendant la prochaine célébration, qui l’espace d’un temps mesuré, redeviendra sacré.

dimanche 21 juin 2009

La similitude, n'est pas forcément où certains le croient !


Après avoir eu un rapide aperçu de l’attitude d’une frange animalitaire de l’église catholique romaine, au travers un article publié sur ces colonnes sous le titre « Pourfendez les tous, Dieu reconnaîtra les siens », il paraissait intéressant de faire partager d’autres observations sur le même sujet, ceci toujours dans l’esprit qui anime ce blog depuis sa mise en ligne.

Comme les anti-taurins voient des aficionados un peu partout dans la société française, surtout dans le milieu politique, les contempteurs de la franc-maçonnerie affirment que les francs-maçons eux aussi sont partout. Cette multiplicité serait le fait de ramifications du mouvement maçonnique, permettant à ce dernier d’œuvrer pleinement avec une omniprésence tyrannique. Ce soupçon d’influence s’est renforcé lors de ces dernières années, avec la multiplication de jeunes filles voilées au sein de l’école de la République, et l’actualité de cette semaine à propos de la burka risque de raviver la flamme. La laïcité chancelante, le législateur dût exprimer l’attachement à la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, par une loi complémentaire au mois de mars 2004. Les francs-maçons furent accusés d’être derrière la loi qui interdit le port des signes religieux à l’école laïque et républicaine, mais aussi oubliant de préciser que le « foulard » n’était pas le seul visé contrairement à la fausse idée répandue (tout militant à ce moment là le savait très bien). Pourtant, en 2005, lorsque fût célébré le centenaire de la loi de séparation des églises et de l’Etat, « La libre pensée », « l’Union Rationaliste » et d’autres mouvements possédant des valeurs réellement laïques étaient aussi en premières lignes. Mais si il a été reproché aux francs-maçons un laïcisme radical, c’est qu’ils ont posé sur le bureau du Président de l’Assemblée Nationale d’alors, douze propositions de lois intitulées Chantiers de la laïcité, ce qui a fortement agacé.

Il est alors intéressant pour nous aficionados a los toros, de nous rendre compte que parmi ceux qui désiraient laisser ainsi porter atteinte à l’un des piliers de la République dans les écoles républicaines, il n’y eut pas que les seuls mouvements religieux favorables à cette libre circulation. Ce sont joints à eux, sans trop oser s’afficher à leurs côtés malgré que les manifestations allèrent vers la même orientation politique, des mouvements d’extrême gauche associés à des libertaires, altermondialistes, écologistes. Tout un monde associatif et idéologique, qui au delà de cette alliance contre nature, se retrouve là aussi chez les anti-taurins.

Pour se rendre compte de cette promiscuité entre quelques mouvements idéologiques et la taurophobie, il n’y a cas lire un dossier disponible sur le net au moment où sont écrites ces lignes, un cours d’anti-tauromachie*, écrit semble-t-il en 2003, sur lequel ne figure que la mention « CROA ». A essayer d’en savoir un peu plus, ce « cours » semble émaner d’un militant progressiste et amoureux de la nature, qui reprend dans sa construction, la forme de bon nombre de documents propagandistes en droite ligne avec ceux déjà utilisés contre la franc-maçonnerie.
L’auteur n’hésite pas à fournir des affirmations faites avec un certain aplomb, mais aussi s’efforce de faire croire à ses lecteurs que la tauromachie à des collusions avec les fascismes européens. Tout comme les auteurs d’ouvrages consacrés à dénigrer la franc-maçonnerie, qui s’enorgueillissent de présenter des aspects sataniques de celle-ci par des photographies représentants des intérieurs de temples ou autres symboles aux explications détournées d’après les spécialistes. Ce « cours d’anti-tauromachie » illustré par le cliché publié en introduction au présent texte, tire par cette image des conclusions fermes et définitives. Pour l’auteur de ce pseudo cours, la photographie illustre aussi dans la partie Histoire la collusion du mundillo et des latifundistes avec la Phalange et les autres fascismes d’Europe. Il développe par la suite un prétendu prosélytisme aficionado. Lui-même en tenant de tels propos, ne semble pas se considérer comme pratiquant ce zèle ardant à tenter d’imposer ses idées.
Les aficionados pourraient aisément retourner la critique envers les anti-taurins, car les protecteurs animaliers n’échappent pas aux propos douteux sur les races, comme ce fût le cas à Nantes en 1936 lorsque la municipalité de l’époque voulue organiser des corridas. Des lettres des différentes SPA du pays arrivèrent au premier magistrat de la ville, dont une mentionnant que ces jeux du cirque, introduits en France par les espagnols et qui sont loin de correspondre au caractère de notre race. Pour la petite histoire, la municipalité nantaise de l’époque fût assez courageuse et ne fît pas cas des protestations, elle organisa les courses de 1936, pour la quatrième et ultime fois dans la cité des Ducs. Plus proche de nous, au mois de février 2008, il pouvait être lu dans un article d’un site internet d’un mouvement anti-corrida les propos concernant le responsable d’un site taurin qui n'est ni espagnol ni français d'origine.
La propagande de ce document ne s’arrête pas en si bon chemin, il est une fois de plus fait allusion au pouvoir de l’argent et des médias. Dans le « cours », l’auteur parle d’accointances de la presse avec le monde taurin, allant jusqu’à interroger le lecteur sur ce que peut rapporter au présentateur Michel Cardoze, ce clown de service météo comme il est écrit, de mentionner le temps qu’il fera pour la corrida vicoise du lendemain. L’auteur oublie de préciser que Michel Cardoze est certes aficionado, mais avant tout un enfant, même adoptif, du Gers. Le développement, la construction de l’argumentation de ce « cours d’anti-tauromachie », est parfaitement dans la lignée des divers textes anti-maçonniques, à l’identique de ceux de Léo Taxil, qui fût anticlérical et franc-maçon avant de devenir le chef de file le plus connu de l’anti-maçonnisme.

Plus récemment, l’on a constaté que les contempteurs taurins sont montés d’un cran sur l’échelle de la haine envers les aficionados, et les propos sont une nouvelle fois issus de cette mouvance politique paraît-il respectueuse des différences. Dans la rubrique « Clarines » de son numéro 1852 du 9 mai 2009, la revue « Toros » rapporte que le « journal » Charlie Hebdo du 8 avril précédent, a écrit dans ces pages à propos de Montherlant et de Picasso, qu’ils étaient sans doute des artistes haut de gamme, mais des humains bas de gammes. Pourquoi ces propos ? Simplement parce qu’ils aimaient la tauromachie. La théorie du sous homme chère à une certaine idéologie, n’est pas très éloignée comme le précise la doyenne des revues taurines.

Issus encore de cette même mouvance à l’apparence progressiste, humaniste et soucieuse du respect des différences, l’on peut ajouter celles de ceux qui pensent être les cautions intellectuelles et morales. Des « célébrités » médiatiques, artistes, humoristes, animateurs de télévisions, hommes et femmes syndicalistes et politiques, philosophes, … Ces cautions « intellectuelles » dénoncent elles aussi l’art de Cuchares d’une façon intolérante en voulant imposer leur seule vision du monde, s’en prennent aux aficionados comme d’autres s’en prennent directement à l’ensemble des francs-maçons.
Il est toutefois curieux de les savoir silencieuses devant les dénonciations de telle personne portant un intérêt à la tauromachie, et de la marquer ainsi aux yeux de l’opinion sans le consentement de la personne visée, alors que son intérêt taurin ne relève que de la sphère privée tout comme d’éventuelles appartenances religieuses ou conceptions philosophiques. Ces mêmes personnes taurophobes, s’indignent souvent devant la prolifération des caméras de surveillances dans les rues, ou bien manifestent contre un monde qui créés des sources de renseignements dès qu’il le peut sur les citoyens, mais elles n’hésitent pas à jeter en pâture à qui veut le lire ou l’entendre des noms de personnes donc les actions et attitudes ne relèvent que de la vie privée, ceci afin de les ficher en leur apposant l’étiquette « aime la corrida ».
Il n’est pas rare non plus de trouver ce genre de comportement chez les adversaires des francs-maçons, qui militent jusqu’à demander que soit connue l’appartenance des personnes à la franc-maçonnerie, afin qu’elles soient fichées comme telles. Il y a quelques années, l’Italie a interdit à ses magistrats d’être francs-maçons. Il n’y a pas si longtemps, au Royaume-Unis, l’un des berceaux du militantisme animalier radical, des groupes de pressions ont tenté auprès du gouvernement d’imposer que les fonctionnaires anglais francs-maçons soient connus et répertoriés. En France ce type de désir existe aussi, mais l’esprit démocratique conjoint à la séparation des sphères publiques et privées résiste encore un peu devant ce type de demandes.

Il est regrettable de voir silencieux ces intellectuels forts brillants, et ainsi de les savoir cautionner ces attitudes. Malgré leurs esprits d’analyses, ils se laissent emporter dans le tourbillon des anti-taurins radicaux, ne dénonçant pas les mensonges et inepties. Car l’on peut ne pas aimer la tauromachie, et toutefois dénoncer les abus et mensonges de ceux qui ont les mêmes idées, une telle démarche serait en droite ligne de ce qui est communément nommé « l’honnêteté intellectuelle ».

Il est dommage encore de constater qu’ils n’ont pas condamné l’annonce d’un procès prévu le 24 novembre 2003 à « l’Université Libre de Bruxelles Institut de Sociologie ». Un procès de la « Cour Internationale de Justice des Droits de l’Animal » contre l’Union Européenne ainsi que les gouvernements et les ministres responsables des pays impliqués dans les corridas. Cette cour internationale présidée par un écologiste suisse, qui écrit lors d’un texte rendant hommage à la poétesse et romancière Simone Chevallier en préface de la réédition de « Celle qui aima Jésus », nous avions le même credo : rester entier, célébrer le Créateur au travers de toutes ses créatures.

Les dénonciations qui malheureusement n’ont pas été faites de la part des intellectuels, auraient pu porter aussi bien sur le fond que sur la forme. Sur la forme, concernant cette parodie de procès, tronqué par le fait du parti pris du président de la « Cour Internationale de Justice des Droits de l’Animal », qui n’est effectivement aucunement impartial comme le réclamerait toute justice soucieuse d’équité, puisque favorable à l’abolition de la tauromachie. Outre cette présidence faussée, la composition du jury de ce pseudo tribunal est constituée de neuf personnes appartenant au milieu des la protection des animaux, ainsi que de trois juges. Cela ne semble pas être très démocratique, ni facteur de comportement digne de probité. Pourtant, les intellectuels anti-taurins soucieux de justice sociale, de respect des individus et donnants des leçons en ce sens, ont « oublié » de réfuter cette parodie de procès.
Sur le fond, les propos, que les brillants intellectuels ne dénoncent pas, comme par exemple que la corrida est un abattage rituel qui a lieu au sein d’une tribalité réinventée. Elle prospère grâce à des exceptions, dérogations et autres passes droits. Elle est orchestrée par une mafia internationale qui fonctionne comme une secte et qui profite de l’hystérie collective des réjouissances de bas étage faisant appel aux pulsions les plus sordides, notamment sou l’emprise de l’alcool . De telles accusations sont pourtant « surprenantes » de la part d’un mouvement qui insiste dans ses textes associatifs, sur le fait qu’il souhaite une information du public complète et objective concernant la corrida.

Une nouvelle fois apparaît la forme commune des accusations entre la franc-maçonnerie et la tauromachie. Accusations dénoncées par les « intellectuels » sur un plan, mais cautionnées par ces mêmes personnes lorsque cela les arrange. L’on constate avec tristesse, qu’ils ne s’émeuvent pas de trouver parmi les propos tenus dans leurs rangs, des similitudes argumentatives reprises aux adversaires des francs-maçons comme ce fût le cas aux heures les plus fortes de la répression envers ces derniers, répression que pourtant bien souvent ils dénoncent. Les similitudes, rapprochements idéologiques que certains veulent faire porter aux aficionados a los toros, ne sont sûrement pas de l’ordre que d’aucuns veulent faire croire.

http://croa33.club.fr/Not-pp.htm
http://www.flac-anticorrida.org/archives/cours-internationale-droits-animal.html

dimanche 14 juin 2009

Luis-Francisco Esplà


Un jour du mois de juin de l’An de grâce 2009, la grande porte des arènes de Las Ventas de Madrid s’est ouverte, pour laisser passer un Torero porté en triomphe. De la presse aux blogs taurins, quasiment tout le monde a salué son magistral et ultime combat sur le sable madrileño,

Luis-Francisco Esplà va bientôt se retirer des arènes, même si à en croire les hommages qui lui sont rendus suite à sa dernière prestation madrilène, l’on pourrait penser qu’il est déjà parti, comme si après Madrid plus rien ne devait exister. Tout au long des hommages, les mots employés ici ou là, laissent poindre le souvenir à jamais perdu, celui que l’on veut se remémorer car l’on sait qu’il ne sera plus jamais ressenti avec autant d’intensité. Mais aussi, le départ du maestro Esplà représente inconsciemment, une partie de nous même qui s’en va. Ce constat est d’autant plus amer, si l’on a la chance de l’avoir vu à plusieurs reprises.

Je fais parti des ces aficionados a los toros, qui ont eu le bonheur d’être initié très jeune aux mystères taurins, de cette génération qui a vu enfant les débuts d’Esplà. Enfant, certes, mais juste assez grand pour pouvoir garder présent à l’esprit une corrida vue en direct sur TVE, où étaient combattus des toros de Victorinos Martin, au mois de juin 1982, une corrida lors de laquelle Luis-Francisco partageait le cartel avec Francisco Ruiz-Miguel et José Luis Palomar, et qui fût qualifiée de corrida del siglo.

Esplà est non seulement un matador de toros, mais plus encore, un Torero devenu Un Initié aux mystères taurins mais aussi à ceux de la Vie. Il est de ces hommes, pour qui la passion se conjugue avec d’autres centres d’intérêts, qui permettent ainsi de garder le recul nécessaire pour vivre avec force et intensité, afin que justement cette passion ne soit pas trop étouffante voire intellectuellement obscurantiste.
Luis-Francisco a construit son toreo tout au long de plus de trente années d’alternative, au point de devenir lui-même un architecte de la lidia dans sa globalité. Un bâtisseur au même titre que d’autres architectes oeuvrant dans des domaines différents, ont fini par entrer au panthéon de l’Histoire, et parfois de voir se forger autour d’eux, une légende millénaire qui perdure de nos jours. Esplà va entrer dans la légende tauromachique, même si l’on rencontre encore quelques aficionados qui vont lui trouver des défauts (mais sont-ils eux-mêmes exemplaires ?), de ces aficionados qui en ce moment ne font qu’un avec les louanges ayant fusés ces premiers jours du mois de juin. Luis-Francisco va donc entrer dans la légende, pas de ces légendes préfabriquées qui remplissent les tendidos sur leurs seuls noms, alors qu’elles se « construisent » avec des toros qui n’ont pas grand chose de bravo, si ce n’est le qualificatif de brave dans le sens parfois employé dans mon midi natal. Non, Esplà est de la lignée de ces Toreros légendaires, qui à divers moment de leurs carrières, ont ouverts leurs portes intérieures afin de Connaître et de Se Connaître.

Pour cela, il touche à divers Arts, manuels, mais aussi intellectuels, de la peinture à son intérêt pour l’histoire. Je ne sais si il est initié dans un quelconque mouvement philosophique, et peu importe d’ailleurs, car cela ne fait pas la seule grandeur d’un homme. Le plus important est que, tel Hiram Abi qui fût l’architecte du temple du roi Salomon et dont la légende nous rapporte qu’il maîtrisait divers arts allant de la connaissance des métaux à celle de la pierre, auxquels il joignait la pratique de la pensée, le maestro Luis-Francisco Esplà est un torero entier et professionnel. Il peut s’enorgueillir d’être dans la droite filiation des ces architectes bâtisseurs, qui pratiquèrent leur art mais aussi l’art royal, c’est à dire la pensée qui permet de cheminer. Il est de ceux pour qui le Toro est un idéal de vie, un idéal qui ouvre à l’Autre et aux Autres, de part le travail intellectuel que nécessite la compréhension globale de cet animal et de l’art de le combattre.

Esplà est Un Initié aux mystères taurins, non pas parce qu’il est torero de profession, mais parce qu’il est Torero dans la vie. Il connaît ce que nous ne connaîtrons jamais, nous aficionados a los toros, il combat le toro, alors que nous, nous regardons. Il a appris le toro, la tauromachie dans son ensemble ainsi que ses mystères les plus subtils, il connaît les différents arts qui composent l’esprit taurin.

C’est peut être cela qui aiguise notre amertume à le voir partir. Nous avançons au sein de l’espace et du temps de notre passage sur la terre des hommes, et les simples mortels que nous sommes, voyons par sa retraite des ruedos, la notre qui se profile et tout ce qu’elle représente aux yeux de la société aseptisée qui se met en place un peu plus chaque jour renforcée dans sa version bio-bio. Cette retraite, la notre mais aussi celle du maestro Esplà, renvoie au constat que nous sommes tous en quête d’immortalité. Avoir des enfants en est une inconsciente, s’impliquer dans une passion ou bien un centre d’intérêt en est une autre, puisque beaucoup rêvent secrètement de marquer de son passage par son engagement, en est une autre plus consciente.

Le départ d’un maestro tel que lui, nous met face à une réalité, celle que pour parvenir à l’immortalité symbolique recherchée, le travail doit être bien plus grand que celui effectué jusqu’alors. A regarder maintenant l’ensemble de la carrière du maestro, et le savoir au porte de la légende et donc de l’immortalité, nous mesurons son travail accomplit et parallèlement celui qu’il nous reste à accomplir, et qui ne sera probablement qu’un rêve, un fantasme, jamais réalisé.

Toutefois, pour que le maestro Luis-Francisco Esplà reste tout en haut de la légende tauromachique, il ne faudra pas que les générations montantes, qui à tout juste vingt ans ont des avis sur tout et surtout des avis, galvaudent la réalité qui fût celle de sa carrière. Les filtres des années, les confusions de la mémoire au fils du temps, offrent le risque d’une telle dérive. Si nous, aficionados a los toros pleinement acteurs de notre génération, transmettons le seul souvenir du torero en enluminant la carte postale afin qu’elle jaunisse le plus tard possible, non seulement nous ne serons pas fidèle à la réalité, mais nous n’honorerons pas l’esprit qu’a tenté d’insuffler le maestro tout au long de sa carrière.

Espiègle, malicieux, il peut aussi être reproché à Luis-Francisco Esplà d’avoir fait le minimum devant quelques toros combattus, il n'est pas parfait comme nous tous. Mais il restera de ces Toreros qui à plus de 50 ans, sont encore à l’affiche d’arènes telles que Vic cette année, ou bien de Céret l’an passé, alors que d’autres beaucoup plus jeunes, baissent sûrement les yeux lorsque ces empresas demandent qui veut venir affronter les élevages retenus dans ces ruedos.

De sa prestation madrilène du moi de juin 1982, à celle toujours madrilène de ce mois de juin 2009, Luis-Francisco Esplà a montré toutes les facettes du toreo, des toreros et par cela des hommes. Pour peu que l'on veuille bien voir en lui autre chose qu'un homme qui combat les toros, de par sa conception de la tauromachie et à travers elle de la vie, il nous a renvoyé à nous-même, à notre complexité intérieure, mais aussi face à nos réalités. C’est en cela que je garderai le souvenir de ce grand Torero, car ma retraite est encore loin, je dois encore cheminer, et la carrière de ce torero n’est pas dénuée d’intérêt taurins et humanistes. Gracias Maestro !

mardi 9 juin 2009

Dictionnaire "Pertus", répertoire de textes taurins en langue française.


L’Union des Bibliophiles Taurins de France (UBTF), vient de publier ces jours-ci, le « Dictionnaire Pertus, répertoire des textes taurins en langue française ». Cet ouvrage de 525 pages, est la poursuite du travail réalisé par Raymond Pertus, publié il y a plus de 20 ans par l’UBTF dont il était l’un des sociétaires.

Comme le précise dans la préface Marc Thorel, Président de l’UBTF, Raymond Pertus a réalisé une œuvre à laquelle bien d’autres avant lui voulaient s’atteler, ont parfois débuté, mais n’ont pas réussi pour diverses raisons, à totalement mener à bien. Mais notre homme l’a fait, au point que son dictionnaire, est maintenant dénommé « Le Pertus », et qu’on le retrouve en guise de référence auprès de commissaires-priseurs, libraires anciens, universitaires et chercheurs, mais aussi chez les bibliophiles taurins ou non.

Serge Milhé, Bernard Rendu et Jean-Louis Rouyre, les auteurs de cette nouvelle édition, ont donc continué la tâche, prenant soin de suivre une ligne directrice. Ils ont gardé l’esprit de Raymond Pertus, tenu compte des observations formulées lors de la précédente édition, supprimé quelques titres qui semblaient hors sujet, ne gardant pas les ouvrages qui ne mentionnent que peu de lignes taurines. Par contre, l’évocation d’une corrida, un livre même anti-taurin, possèdent leurs places dans ce dictionnaire. Pour référencer les textes plus ou moins teintés de tauromachie, le choix fût, comme tous les choix qui doivent être réalisés, subjectifs malgré les nombreuses questions qui se sont posées aux trois sociétaires de l’UBTF attelés à ce travail remarquable.

Ce dictionnaire ne recense pas que les livres tauromachiques, même si les revues taurines ne trouvent pas place dans cet ouvrage, exception fût faite pour celles de luxe publiées en petites quantités, les numéros spéciaux portants sur un objet unique, mais aussi les magazines qui ont traité de la corrida lors d’un numéro spécial du moment ou celui-ci était jugé digne d’intérêt.
Les apport universitaires sont aussi de mise dans cette nouvelle édition du dictionnaire « Pertus », qu’ils soient de l’ordre du médical, vétérinaire, ethnologiques, littéraires ou encore sociologiques.
Les références de bandes dessinées qui traitent de la tauromachie, figurent dans cette édition, du moment ou la aussi elle furent jugées digne d’intérêt.

En qualité de membre de l’UBTF ayant assisté, et participé, au colloque de l’association du mois de novembre dernier, je fus de ceux qui ont entendu les auteurs exprimer la complexité de leur immense travail. Lorsque qu’en 4ème de couverture du dictionnaire, il est précisé que celui-ci n’est pas qu’une simple réimpression agrémentée de quelques mises à jours, mais que les notices ont été revues et discutées une par une, cela est bien réel.

Les auteurs ont poursuivi l’œuvre de Raymond Pertus, dont la collection personnelle fût dispersée après sa mort lors d’une vente aux enchères qui s’est déroulée au Mans début novembre 2005, tout en gardant l’esprit bibliophile qui les anime.
Ce dictionnaire qui pourra intéresser les professionnels, bibliothécaires, experts, commissaires-priseurs, s’adresse aussi aux chercheurs de la chose taurine, ainsi qu’aux aficionados a los toros. Même si parmi ces derniers certains ne sont pas trop bibliophiles, et peuvent s’interroger sur la nécessité de posséder un tel dictionnaire, il faut toutefois qu’ils aient conscience que ce livre est rare. Une rareté du fait que 20 ans séparent les deux éditions, et il n’est pas prévu à ma connaissance, contrairement à d’autres dictionnaires généralistes, de publication annuelle. Ensuite, l’édition 2009 s’est vue tirée à 160 exemplaires numérotés pour les membres de l’association, auxquels s’ajoutent seulement 335 exemplaires pour la vente au public. Ce qui laisse présager que ce dictionnaire va rapidement devenir une pièce recherchée dans la bibliophilie taurine. Mais aussi et surtout, ce dictionnaire « Pertus », leur apportera source de références dignes d’intérêts pour continuer le cheminement dans l’art taurin.


« Dictionnaire Pertus, répertoire des textes taurins en langue française », de Serge Milhé, Bernard Rendu et Jean-Louis Rouyre. Préface de Marc Thorel.
Editions Union des Bibliophiles Taurins de France, juin 2009.
ISBN 978-2-909521-31-2.
525 pages, format 21 x 12, papier Terraprint mat 70g.

Renseignements à l’adresse courriel ubtfdiffusion@orange.fr

Prix 28 euros, plus 4 euros de frais de port.

Commande possible à l’adresse :

U.B.T.F. Diffusion
4 Plan de Thau
34540 Balaruc les Bains
France